samedi 7 novembre 2009, 18h12 by
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C'est une marque insolente, un défi en ces temps de marché du disque déprimé. Surtout quand on a le jazz et la musique classique pour terrain de jeu. La compagnie phonographique allemande ECM (pour Edition of Contemporary Music), 40 ans, publie avec régularité, depuis plusieurs années, entre quarante et cinquante disques par an, avec un catalogue prestigieux mais plutôt pointu. Parmi les sorties récentes de mi-octobre à début novembre, on trouve ainsi un coffret de trois CD du pianiste Keith Jarrett, en solo et en public, les nouveaux enregistrements studio du guitariste John Abercrombie, du joueur d'oud Anouar Brahem ou du pianiste Christain Wallumrod avec instruments baroques et batterie.
Chez ECM, pas d'emblème des racines afro-américaines du jazz comme Sonny Rollins ou de voix blanche et allure sexy comme Diana Krall. Pas de produits dérivés ni de partenariat avec un opérateur de téléphonie. Des disques, rien que des disques, et une réputation mondiale, aussi forte que celle du label américain Blue Note (fondé en 1939), pour cette petite structure de quinze personnes, dans la banlieue de Munich, toujours dirigée par son fondateur, Manfred Eicher.
ECM vient donc de fêter ses 40 ans au festival Enjoy Jazz, en Allemagne, qui n'a pas d'équivalent en Europe : des concerts tous les jours pendant six semaines, jusqu'au 11 novembre, à Heidelberg, Mannheim et Ludwigshafen. Quatre soirées, du 22 au 25 octobre à Mannheim, ont raconté les '40 ans d'ECM' avec, en prime, un symposium tenu au prestigieux château de la ville, aussi vaste que Versailles, dont le plan l'a inspiré, aujourd'hui siège universitaire.
L'écrin et l'ambition du programme sont destinés à saluer 'l'importance d'ECM dans l'histoire de la musique', insiste Rainer Kern, directeur d'Enjoy Jazz. Dans le jazz européen et américain bien sûr, et plutôt dans les musiques improvisées. Mais aussi dans la musique contemporaine, avec quelques enregistrements des Américains Steve Reich et John Adams, avant que les productions ne s'intensifient avec une collection dédiée, 'New Series', à partir de 1984, ouvrant un spectre large, du chant médiéval à la musique contemporaine consonante. En lire plus sur LeMonde.fr
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